Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire 2015

Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire 2015

Situation ___ Festival des jardins de Chaumont sur Loire

Équipe    ___ Romain Samson _ Jean-Charles Busson _ Bertrand Coudray

Année     ___ 2015

Thème    ___ Jardins extraordinaires, Jardins de collections

Jardin réalisé

La rareté se mange t-elle?

Autour de nous, l’idée d’une plante dite rare est souvent associée à l’inconnu, à la nouveauté et surtout à un certain exotisme. Tout un imaginaire de paysages tropicaux ou montagneux… Mais la plante rare n’est-elle pas finalement celle que l’on voit tous les jours, celle que l’on ignore? Ou n’est-elle pas rare lorsqu’elle se trouve au milieu d’autres plantes? Nous amenant ainsi à l’idée de la collection, une diversité végétale peut-elle être considérée comme banale? C’est dans cette optique que nous nous sommes posés la question de la rareté et de l’originalité des végétaux.
Le monde actuel utilise le végétal soit comme un élément de consommation,  soit comme élément de décors. Triée, sélectionnée à la manière des jardins médicinaux du Moyen-Âge et modifiée à des fins économiques, la diversité végétale et son avenir nous pose question. La rareté de certaines espèces est aujourd’hui un enjeu planétaire. Comme de simples machines, les plantes doivent répondre à des normes précises de résistance aux maladies, de tailles, de formes et de couleurs qui correspondent plus à des goûts visuels que gustatifs. La mondialisation, qui engendre des échanges humains et économiques de plus en plus nombreux, a touché cette production agro-alimentaire: les semenciers ont rependu un nombre très limité d’espèces végétales. Les caractéristiques de celles-ci leurs permettent de pousser aux quatre coins de la planète.

La rareté se mange-t-elle ou est-elle faite pour être vue? C’est le parti pris de ce jardin qui permet de confronter ces idées. D’un côté, nous trouvons une production en laboratoire, qui représente la multiplication et l’amélioration des espèces. De l’autre, les végétaux suivent leur rythme de croissance: de la germination à la fructification. Certaines floraisons ou  certaines fructifications sont parfois étonnantes. Comment fleurit le salsifis? A quoi ressemble un radis monté en graine?

La rareté se mange-t-elle ou est-elle faite pour être vue? C’est le parti pris de ce jardin qui permet de confronter ces idées. D’un côté, nous trouvons une production en laboratoire, qui représente la multiplication et l’amélioration des espèces. De l’autre, les végétaux suivent leur rythme de croissance: de la germination à la fructification. Certaines floraisons ou  certaines fructifications sont parfois étonnantes. Comment fleurit le salsifis? A quoi ressemble un radis monté en graine?  

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La rareté se mange-t-elle?

Nous pénétrons dans le jardin par un seuil où les plantes grimpantes (concombres, haricots) montent le long de tiges de fer créant ainsi un sas. A la sortie de celui-ci, nous nous trouvons dans ce que nous appelons le laboratoire. Il se structure en suivant d’une trame orthogonale. Celle-ci représente le besoin de l’homme à gérer rationnellement son espace, en le mesurant, en le quantifiant. Des tables de culture accueillent des variétés céréalières (blé, avoine) ou potagères (concombres, courges…).

La trame orthogonale, figurant la maîtrise de l’homme sur son territoire, ne traverse pas seulement cet espace mais s’étend sur l’ensemble du jardin. Les limites s’estompent, la végétation est revenue y reprendre ses droits.

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Une structure, sorte de relique abandonnée du laboratoire, forme un espace dissident qui marque la rencontre de ces deux lieux. Celle-ci formé de tiges de fer torsadées, est envahie par du houblon et des haricots. Ces plantes grimpantes s’immiscent, peu à peu, dans cette partie qui leur est interdite. C’est une sorte de lisière depuis laquelle le visiteur peut observer les deux mondes.

Ces plantes, parfois des variétés oubliées, cultivées pour leurs légumes, sont comme laissées libres, leurs fleurs et leurs feuillages  sont inconnus et nous surprennent. La liberté de germer, de croître, de fleurir, de fructifier, de se disséminer et de s’associer leur est ici laissée. La trame s’efface petit à petit sous l’action combinée de cette nature affranchie. Les radis peuvent ainsi montrer leurs petites fleurs blanches, tout comme les carottes qui peuvent libérer leurs grandes ombelles. Les variétés peu utilisées de courges apparaissent à la fin de l’été, laissant éclater leurs formes et leurs couleurs oubliées. D’autres végétaux moins connus sont également à découvrir. Nous connaissons la racine du salsifis, mais connaissons nous ses fleurs et ses graines? Nous savons que la chicorée est une plante, mais savons-nous à quoi elle ressemble avant sa transformation?

Le rouge flamboyant des cardesEtiquettage sur des bouts de bois

Tous ces végétaux vivriers se retrouvent dans cette collection, pour façonner ce jardin. Les plantes s’y développent afin de nous montrer des caractéristiques trop ignorées. La rareté ne serait-elle pas là?